Le Président Rajaonarimampianina face aux bailleurs et aux investisseurs à Paris


Madagascar a besoin de l’aide publique autant que des investissements privés pour accompagner l’entreprise de redressement

La Conférence des Bailleurs et des Investisseurs pour le financement du développement de Madagascar (CBI) s’est ouverte ce 1er décembre, à Paris. Devant les représentants de Gouvernements, d’institutions multilatérales de financement du développement, du secteur privé, d’organisations non-gouvernementales et de la société civile, le Président de la République a affirmé que « Madagascar est sur la voie de la stabilité, que la démocratie se construit dans sa dimension politique, mais qu’elle doit absolument aller de pair avec le développement économique et social.»

Au sortir de cinq années de crise politique, économique, et sociale sans précédent, l’ordre constitutionnel a été rétabli après des élections démocratiques : présidentielles, législatives, communales et sénatoriales. Madagascar a aussi retrouvé sa place au sein de la communauté internationale, ainsi que la confiance des bailleurs traditionnels et des investisseurs. Le sommet du COMESA tenu à Antananarivo et, tout dernièrement, celui de la Francophonie, illustrent ce retour de façon éclatante. Le Président Rajaonarimampianina a réaffirmé sa volonté de réduire la pauvreté et d’améliorer les conditions des malgaches, une ambition fondée sur une adhésion totale au défi de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable, mais aussi sur une vision claire de l’avenir, celle d’édifier un Madagascar prospère et moderne.

Membres du gouvernement malgache lors de la CBI à Paris

Membres du gouvernement malgache lors de la CBI à Paris

Le pays s’est doté d’un Plan National de Développement et les conditions de sa mise en œuvre ont été créées, pour un retour à l’Etat de droit : bonne gestion des finances publiques, institution de la bonne gouvernance, réformes en profondeur dans tous les secteurs du domaine public, et lutte contre la corruption à tous les niveaux. Madagascar a bénéficié de la caution du Fonds Monétaire International avec l’octroi de la Facilite Elargie de Crédit. Les premiers résultats sont prometteurs : un taux de croissance de 4,1% en 2016, une inflation maîtrisée, des réformes qui commencent à porter leurs fruits. Mais beaucoup reste à faire, a poursuivi le Chef de l’Etat, s’agissant en particulier des entreprises publiques avec, au premier rang, la Jirama. Il a poursuivi que pour faire décoller l’économie dans les meilleures conditions, il faut viser un taux de croissance de 6,5%, donc au-delà des 5% convenus avec le FMI. Le Président Rajaonarimampianina a fait valoir que seul un taux de croissance de cet ordre pourra garantir les changements structurels qui amèneront une réduction significative de la pauvreté. Atteindre un tel objectif de croissance devra se traduire par la relance des investissements, l’accroissement des exportations, la réduction des disparités entre les régions, entre les villes et les campagnes, des disparités qui marquent malheureusement le tissu économique malgache. Au-delà des réformes, le Chef de l’Etat a reconnu que les efforts déployés seront insuffisants pour apporter un surcroît d’investissements. La CBI devra permettre ainsi de présenter l’ensemble des besoins les plus pressants, pouvant être mis en œuvre au cours des trois prochaines années sans affecter la capacité d’endettement de Madagascar.

Les trois priorités majeures

Le développement rural est la première des priorités majeures. Plus de 70% de la population vivent en milieu rural. L’amélioration du cadre économique d’activités dans l’agriculture, la pêche et l’élevage est une condition sine qua none du processus de développement. Les efforts doivent aussi porter en priorité sur le secteur social, éducation et santé. « Il s’agit de l’ensemble des programmes et projets qui affectent directement le plus grand nombre dans toutes les régions, dont les couches les plus défavorisées, tant en milieu urbain que rural », a précisé le Président Rajaonarimampianina.

Seconde priorité, les infrastructures dont l’inexistence ou le délabrement constitue à l’heure actuelle un obstacle sérieux à l’épanouissement des initiatives.

Troisième priorité, l’énergie, qui constitue un défi crucial. Le Chef de l’Etat a fait remarquer que « le coût rédhibitoire de l’électricité, une production infime au regard des besoins malgré des potentialités immenses sont autant de frein au développement de l’industrie, mais aussi à l’amélioration du bien-être de la population. Ainsi, il est impératif de développer rapidement l’exploitation des énergies renouvelables, de réformer en profondeur notre système de production et de distribution. »

Discours d'ouverture de la CBI Madagascar

Le Président Rajaonarimampianina lors du discours d’ouverture de la CBI Madagascar

La biodiversité de Madagascar : un patrimoine mondial

Demain 2 décembre, la CBI sera consacrée au secteur privé ainsi qu’à l’environnement. Sur ce dernier dossier, le Président Rajaonarimampianina a mis en exergue le caractère unique de la biodiversité de Madagascar, un capital naturel dont dépendent 50% de l’économie et qui est aussi le meilleur rempart contre le changement climatique. Vu l’importance cruciale de la conservation de la biodiversité de Madagascar, une session spéciale sera consacrée au problème de l’environnement.

Et terminant, le Président Hery Rajaonarimampianina a rappelé l’objectif du CBI qui est d’amener les bailleurs et les investisseurs à accompagner Madagascar dans l’entreprise de redressement. « Nous avons conscience de nos limites, financières et techniques. Nous avons besoin de l’aide publique mais nous avons tout autant besoin d’investissements privés. Nous ne ménagerons aucun effort pour améliorer l’environnement des affaires. Au-delà de l’aide publique, au-delà des investissements privés, nous avons tout autant besoin d’assistance technique et de transferts de technologies dans tous les secteurs », a conclu le Chef de l’Etat.