Lancement du Programme de développement de filières agricoles inclusives (DEFIS)


Amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle

« Le développement du monde rural en général, et de l’agriculture en particulier, constitue la clé de voûte du développement de Madagascar. Toutes les parties prenantes devraient conjuguer leurs efforts et actions pour réaliser les objectifs fixés dans ce vaste secteur ». C’est, en substance la déclaration du Président de la République p.i, Rivo Rakotovao, lors du lancement officiel du Programme de développement de filières agricoles inclusives (DEFIS), ce 4 décembre 2018 à Antananarivo ; la cérémonie s’est déroulée en présence, notamment, du Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Harison Randriarimanana, du Représentant Résident de la FIDA à Madagascar, Ibrahim Bamba, et du Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies, Violette Kakyomya.

L’objectif du DEFIS est d’améliorer durablement les revenus, et la sécurité alimentaire ainsi que nutritionnelle de 320 000 ménages ruraux vivant dans huit régions de la partie sud du pays. Le coût total du programme s’élève à 250 millions USD, dont un prêt et un don du FIDA d’un montant de 26,5 millions USD chacun. Il est également cofinancé par l’État malgache (33,7 millions USD), la Banque Africaine de Développement (50 millions USD), en l’OFID, le Fonds de l’OPEP pour le développement international (20 millions USD), le Fonds Vert pour le Climat (15 millions USD). Le programme est exécuté sur une période de 10 ans, afin d’apporter aux producteurs un financement stable et prévisible.

Le Chef de l’État, Rivo Rakotovao, a déclaré qu’il faut désormais changer l’approche qui met en dualité l’exploitant familial, l’entrepreneur rural et les grandes sociétés, qui est une fausse piste. Il faut également arrêter d’importer des denrées alimentaires venant de pays lointains, a-t-il insisté, alors que Madagascar dispose de plus de 30 millions d’hectares de terres arables non-exploitées. Par ailleurs, il a souligné que le programme requiert également une approche du développement équilibré, par la promotion des filières appropriées aux régions ciblées, non seulement au bénéfice des entrepreneurs, mais également pour les populations locales. Sur les dix années à venir, à travers le programme DEFIS, le Chef de l’Etat a fait valoir qu’il y de grands objectifs ambitieux en cours de réalisation, tels que l’autosuffisance en riz en 2020 et la Vision « Madagascar, Grenier de l’Océan Indien » ; il n’a pas manqué de mettre en relief l’existence les défis d’ordre politique, social, économique, et surtout environnemental à surmonter. Par rapport à ces objectifs, au bénéfice du développement du pays, et pour le bien-être de la population, il nous faut travailler en toute inclusivité et partager les fruits du développement, a conclu le Président Rivo Rakotovao.

Le programme DEFIS

Le programme DEFIS contribue à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), moyennant la reproduction à plus grande échelle des programmes nationaux financés par le FIDA et ses partenaires de développement à Madagascar qui ont porté leurs fruits. Dans le cadre de ce nouveau programme, pour améliorer la productivité des petites exploitations familiales, et mieux les relier aux marchés, les investissements seront concentrés sur huit filières prioritaires : riz, maïs, manioc, arachide, café, oignon, petits ruminants et miel, trois productions prioritaires étant choisies pour chaque région. En outre, dans le cadre du programme DEFIS, des investissements encourageant la culture du sorgho permettront de renforcer la résilience des systèmes de production, au profit des exploitations familiales des zones semi-arides des régions de l’extrême sud du pays, qui sont très vulnérables face aux effets néfastes des changements climatiques. Le programme DEFIS devrait permettre, entre autres, de remettre en état 20 000 hectares de périmètres d’irrigation, d’aménager 8 000 hectares de nouveaux périmètres irrigués et d’installer des micro-aménagements desservant une superficie de 7 000 hectares. En outre, il appuiera la construction de 300 points d’eau et de 50 réservoirs enterrés permettant de capter l’eau afin d’abreuver les petits ruminants.