L’Agence Malagasy de Développement économique et de Promotion des entreprises : « Un outil de mobilisation au service du développement de Madagascar »


La 1ère Journée de la Francophonie Economique et Numérique s’est terminée à Paris par la mise en place de l’AMDP ou l’Agence Malagasy de Développement économique et de Promotion des entreprises.

« Mettre fin au paradoxe malgache en capitalisant sur l’espace économique francophone ». C’est l’objectif principal de l’Agence Malagasy de Développement économique et de Promotion des entreprises (AMDP) annoncé par son Président Steve Gentili et son Directeur Général, Hugues Ratsiferana, en fin de soirée, au siège de l’OIF à Paris, devant l’assistance qui a participé à la Première Journée de la Francophonie économique et numérique.

Pour l’AMDP, Madagascar vit un paradoxe. Les ressources naturelles exceptionnelles et les formidables atouts pourraient structurer une économie solide, diversifiée et créatrice de richesses. Or le pays reste confronté à la pauvreté. Ainsi, Madagascar doit créer d la valeur pour tous et transformer sur place son « pactole naturel ». C’est la vocation de l’Agence Malagasy de Développement économique et de Promotion des entreprises qui s’inscrit dans la volonté du gouvernement de lutter contre la pauvreté grâce à une croissance inclusive dans le cadre du Programme général de l’Etat et du Plan national de développement 2015-2019.

Présentation de l’Agence Malagasy de Développement économique et de Promotion des entreprises

Présentation de l’Agence Malagasy de Développement économique et de Promotion des entreprises

Pour appuyer cette politique, l’Agence va identifier des projets territoriaux ainsi que des projets d’entreprises et les structurer pour ensuite mobiliser des financements et attirer des partenaires au sein de l’espace économique francophone. L’objectif est de donner de la vigueur au secteur privé malagasy et de fédérer les forces vives de la Nation. Les trois secteurs retenus sont l’agro-alimentaire, les services et l’énergie verte.

Le secteur privé a été représenté par Salim Ismael de la COTONA, qui a annoncé un investissement de 40 millions de dollars pour une création d’emplois de l’ordre de 10.000. Le Secrétaire Général de la Francophonie, Michaëlle Jean a encouragé l’initiative malagasy et a souhaité plein succès.

amdp

Pour sa part, le Président de la République, Hery Rajaonarimampianina a tenu un discours très significatif pour la mise en place de l’AMDP, dont voici la teneur :

« Je voudrais vous dire à tous, mon plaisir et mon honneur d’être parmi vous aujourd’hui. Cette journée démontre à plus d’un titre que la francophonie est en marche. Car elle évolue dans une autre dimension, celle économique et numérique. Car elle est aussi en marche vers le16ème sommet de la francophonie qui se tiendra dans mon pays Madagascar et plus précisément dans la ville d’Antananarivo.

Ce tout prochain Sommet s’inscrit dans la continuité parfaite du Sommet de Dakar de 2014 où notre Organisation a adopté la Stratégie Economique de la Francophonie. Cette Journée Economique et Numérique de la Francophonie est la première du genre. Cette journée est pilotée de main de maître par la direction de l’OIF sous la houlette de Madame la Secrétaire Générale et judicieusement positionnée dix semaines avant le rendez-vous de fin novembre.

A cet égard, Madame la Secrétaire Générale, j’adresse mes chaleureux remerciements et félicitations aux équipes, aux intervenants et participants qui ont œuvré à vos côtés dans le succès de cette Journée.

Madame la Secrétaire Générale,

La République de Madagascar partage pleinement votre vision d’une Francophonie active et décomplexée sur les problèmes économiques et les questions de développement.

La Francophonie est riche de son bilan et de ses atouts et n’a plus à faire ses preuves en matière linguistique, culturelle et politique. Elle s’ouvre aujourd’hui, au travers de l’économie et du développement, à de nouveaux champs et cela légitime encore plus les espérances exprimées par les peuples à son endroit.

Le Sommet d’Antananarivo, dont vous avez déjà débroussaillé le thème au cours de cette Journée, sera le moment d’approfondir le consensus en faveur de cette nouvelle orientation mais aussi l’occasion de prendre des mesures concrètes pour l’implémentation de la Stratégie Economique de la Francophonie.

En effet, des outils efficaces et opérationnels sont nécessaires pour traduire la vision en acte et la stratégie en résultat, ce à la fois au bénéfice de notre Organisation et au profit des populations, de l’économie et des entreprises des pays membres.

C’est ainsi qu’en concertation et en association avec différents acteurs de la Francophonie, Madagascar a pris l’initiative de mettre en place l’Agence Malagasy de Développement économique et de Promotion des entreprises. Cette Agence -dont vous avez entendu tout à l’heure la présentation par ses dirigeants- est le chaînon manquant dans le dispositif de conception-réalisation de projets de développement et d’entreprises. C’est un instrument qui permet de passer de l’initiation à l’exécution des opérations économiques en prenant en charge également les aspects stratégiques, financiers et commerciaux. C’est un outil de gestion de la transition de l’embryon de projet à une activité bancable, rentable et à fort impact sur la situation socio-économique. C’est un catalyseur et un moteur de transactions économiques créatrices de valeur et d’emplois permettant de réduire le phénomène de pauvreté.

Je me rends compte que le langage que je tiens, en cet instant ainsi que ceux que vous aviez tenu pendant la journée est plutôt inhabituel dans l’enceinte d’une organisation internationale, de surcroît celle de la francophonie. Toutefois, c’est à ce prix que le tournant engagé à Dakar par la Francophonie sera salutaire pour nos populations. C’est de cette façon que les pays du Sud comme Madagascar souhaitent établir leur priorité.

Et c’est par ce biais que tous les pays membres pourraient bénéficier du potentiel et de la capacité de l’espace économique francophone. Comme nous avons déjà en commun la langue et la culture francophones, ayons en commun aussi la volonté de briser le cercle vicieux du sous-développement, en innovant dans les approches, et en étant audacieux dans les moyens.

Aussi voudrais-je, en terminant, exprimer ma reconnaissance à vous-même, Madame la Secrétaire Générale, et à toute l’OIF, pour avoir porté sur les fonts baptismaux aujourd’hui et ici même cette Agence de mise en valeur effective de la coopération entre Madagascar et la communauté Francophone.

Longue vie à l’Agence Malagasy de Développement économique et de Promotion des entreprises et bon travail au service d’une croissance partagée et d’un développement responsable !