Discours de Monsieur le Président de la République, à l’occasion de la cérémonie de présentation de voeux à Iavoloha, 06 Janvier 2017


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Honorables invités,

Excellences,

Mesdames, Messieurs,

C’est avec un grand honneur et un plaisir aussi profond que particulier, que mon épouse et moi-même vous accueillons en cette journée des Vœux, dans ce Palais de Iavoloha.

Je voudrais vous remercier pour les vœux et les paroles aimables que vous avez prononcés à notre égard ainsi que les vœux que vous avez formulés pour le devenir de ce pays qui est un peu le vôtre, puisque vous y consacrez une partie de votre vie et beaucoup de votre énergie.

Je voudrais souhaiter à chacun de vous ainsi qu’à vos familles respectives une année 2017 pleine de joie et de bonheur. Que Dieu vous accordent toutes ses bénédictions.

Il y a un an, Excellences, Mesdames et Messieurs, nous sortions d’une année, 2015, pleine d’épreuves dues à une certaine instabilité politique. Je peux dire que nous en sommes sortis, heureusement, et, en grande partie, grâce à un gain en maturité de l’opinion majoritaire qui est de moins en moins encline à jouer le dindon de la farce politicienne.

Mais, en même temps, ici aussi, dans les mêmes circonstances, il y a un an, une nuée de jeunes est entrée en fanfare, brandissant les drapeaux du COMESA et de l’OIF pour bien marquer notre entrée dans une année de défis multiples, qu’était l’année 2016.

Un penseur a dit que le temps ne paraît long qu’à ceux qui ne savent qu’en faire. Nous avions tant à faire que l’année 2016 est passée si vite. Un simple coup d’œil en arrière nous rappelle que l’année 2016 a été une année charnière qui a placé cette année 2017 sous de meilleurs auspices. Grâce aux Sommets que nous avons accueillis avec dignité, Madagascar a retrouvé la plénitude de son espace dans le concert des Nations et nous avons redoré une image trop longtemps réduite à celle d’un pays pauvre, sans aucune perspective, ni aucun avenir.

Le rétablissement de nos relations avec les partenaires techniques et financiers a abouti à la tenue de la Conférence des Bailleurs et Investisseurs de Paris dont nous connaissons tous les résultats. Cette conférence a aussi renforcé l’engagement du secteur privé, tant national qu’international, à rester actif pour le développement économique et social du pays.

Ces résultats, qui apportent à cette nouvelle année toutes les raisons de croire au véritable décollage de Madagascar, ne sont pas le fruit du hasard ou de la seule mais réelle sympathie que les partenaires et les investisseurs ont pour ce beau pays. De mon point de vue, trois raisons majeures expliquent ces résultats encourageants et décisifs.

  • Tout d’abord, le Plan National de Développement qui fut le fruit d’échanges intenses entre les techniciens nationaux, connaissant bien le pays, son histoire, son potentiel et ses blocages, confrontés ensuite avec l’expérience des experts partenaires. Ce document de PND a été et reste une base lisible, cohérente et crédible, sinon les engagements n’auraient pas dépassé les attentes;
  • La deuxième grande raison, me semble-t-il, ce sont les efforts d’amélioration de la gouvernance en général, en particulier de la gouvernance des finances publiques. Cela a été maintes fois souligné. L’année 2016 a enregistré des résultats probants dans ce domaine. 2017 sera une année de montée en puissance des réformes, en y intégrant les corrections ou les ajustements nécessaires, pour être en mesure d’absorber les financements annoncés, et avec la meilleure qualité de mise en œuvre ;
  • La troisième grande raison, et c’est la représentante d’une organisation internationale d’envergure qui l’a dite, c’est que, et je cite « la perception des bailleurs de fonds internationaux a changé. Elle tient désormais compte du véritable potentiel que recèle ce pays et des tournants politiques engagés».

                  Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je suis convaincu, et je vous le dis en toute humilité et franchise, que c’est aussi grâce aux efforts, aux appuis de vous tous ici présents, à des degrés différents que cela a été rendu possible. C’est pourquoi, au nom du peuple malgache, je tiens à vous exprimer notre reconnaissance et notre espoir de voir continuer et s’amplifier cette solidarité de la Communauté internationale avec Madagascar. Mais je voudrais vous dire aussi que Le meilleur est à venir. Ici et maintenant commence une autre étape du travail pour qu’il en soit ainsi.

Vous en conviendrez avec moi que ce qui a été réalisé jusqu’ici prouve que lorsque les malgaches le veulent, ils peuvent, et peuvent même, bien au-delà de ce que l’on est en droit attendre.

A aucun moment de son histoire, Madagascar n’a réuni autant de conditions favorables, comme aujourd’hui, pour se mettre sur l’orbite d’une émergence. Cette émergence est basée sur un capital naturel considérable aux multiples facettes, une culture nationale multiséculaire éprise de paix, un peuple travailleur dont la jeunesse qui, comme celle de tous les pays du monde, aspire et se prépare à vivre dans un monde ouvert en y apportant le meilleur d’elle-même et pour en tirer aussi, bien évidemment, le meilleur.

On dit que nous vivons dans un monde qui change de plus en plus vite. Mais c’est un monde qui a aussi accumulé d’innombrables inégalités de toutes sortes à sa base.

Au mieux des cas, l’association du changement rapide et des inégalités engendre l’instabilité. Mais au pire des cas, elle peut engendrer la violence et les extrèmismes de diverses natures, et ce, de manière de plus en plus imprévisible.

Ce qui nous incite tous à la plus grande des prudences dans la gestion du changement, qui est par ailleurs inévitable.

Madagascar, je voudrais vous le dire, adhère totalement aux objectifs de paix et de sécurité dans le monde.

L’actualité à Madagascar, ou ailleurs, illustre bien ce glissement dangereux qui tire souvent ses sources dans une mauvaise compréhension de certaines réalités, sinon tout simplement, une ignorance même de ces réalités sociales et historiques. La recherche de meilleures solutions n’aboutit nécessairement pas aux résultats escomptés, car, parfois même, comme le disait Montesquieu « le mieux est le mortel ennemi du bien ». Il faut se rendre à l’évidence que, de nos jours, combien de conflits armés sont partis de bons sentiments, d’idéaux qui ont justifié diverses formes d’intervention, voire d’ingérence, au mépris de la souveraineté des pays et des peuples ?

Je voudrais vous dire que chaque société, chaque peuple, chaque pays avance avec le fond de sa culture, le poids de son histoire et la force de son espérance. Il faudrait comprendre cela.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Avec les résultats de l’année 2016, Madagascar avance en disposant du crédit de ses partenaires et des investisseurs, motivé par les objectifs plus que jamais réalisables et la détermination de toutes ses forces vives.

Mais Madagascar avance aussi vers des échéances dont l’approche nécessite notre plus grande attention et notre plus grand discernement, afin de ne pas compromettre les résultats espérés. Autant Madagascar que la Communauté internationale ont été solidaires pour réunir des conditions de la réussite dans les années à venir, autant nous devrons renforcer cette solidarité pour consolider la stabilité politique, une autre condition importante.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais vous réitérer l’expression de mon plaisir ainsi que celui de mon épouse de vous avoir avec nous aujourd’hui, et de l’honneur que vous nous faites et que vous faites aussi à nos institutions, ainsi qu’au peuple malgache par votre présence à ces vœux pour une belle et fructueuse année 2017. Je vous invite à avoir ensemble les yeux tournés vers l’avenir. Et c’est dans cette perspective que je voudrais terminer avec une autre citation, celle d’un homme épris d’humanité et de poésie que vous connaissez, Antoine de St Exupéry, qui a dit, et je cite : “Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible.”

L’avenir de Madagascar, Pays moderne et prospère, nous sommes en train, ensemble, je le crois, de le rendre possible.

Je vous remercie de votre attention.