Conférence Economique Italie-Madagascar : Booster l’engouement des investisseurs italiens vers Madagascar


La Conférence Economique Italie-Madagascar s’est tenue ce 18 octobre à Rome, à l’hôtel Parco dei Principi. Plus de deux cents opérateurs économiques italiens, et une cinquantaine de leurs homologues malgaches, ont participé à la rencontre, la première du genre organisée dans ce pays. Ce fut le point d’orgue de la visite officielle du Chef de l’Etat en Italie.

Ces trois dernières années, une vingtaine de nouveaux investisseurs italiens ont choisi Madagascar comme destination de leurs projets dans des secteurs très variés, comme l’agrobusiness, l’énergie, les technologies de l’information et de la communication, les mines et l’industrie. En partageant ces indices, somme toute révélateurs de perspectives encore meilleures, lors de l’ouverture de la Conférence, le Chef de l’Etat a relevé que l’amélioration du climat des affaires dans la Grande Île est certainement pour beaucoup dans cet engouement des investisseurs italiens. Dans tous les cas, ce 18 octobre, à Rome, la CEIM a réussi le pari d’avoir réuni une assistance plurisectorielle.

Le Président Rajaonarimampianina a brossé un tableau de la situation de Madagascar, une île au carrefour des civilisations, entre l’Afrique, l’Asie, et l’Arabie : c’est, sans conteste, la première richesse du pays. Toutefois, Madagascar et l’Afrique, en général, sont connus pour d’autres aspects, tels que l’instabilité et les guerres. Il a rappelé à cet effet ses propos, lundi dernier, sur la migration à la tribune de la FAO. Il avait alors préconisé la recherche des solutions à la migration, ensemble, dans les pays d’origine des migrants.

L’itinéraire de Madagascar depuis 2014

Au sortir d’une longue crise, en 2014, Madagascar était sous le coup de sanctions politiques, économiques, et financières. Le pays avait un taux de pauvreté de 90%, mais l’engagement était pris pour donner un nouvel élan au développement, en favorisant les investissements et la création massive d’emplois, particulièrement en faisant appel au partenariat gagnant-gagnant, public-privé, ou avec les investisseurs, étrangers et malgaches. Au préalable, il fallait renouer avec le FMI, à travers un accord triennal de réformes, et engager l’approche avec les bailleurs et les investisseurs. La Conférence de Paris, en décembre 2016, a abouti sur un engagement pour une enveloppe de 10 milliards USD, dont une première partie a été déjà réalisée. Du chemin a été parcouru pendant 3 ans, parallèlement à l’engagement à maintenir la stabilité politique dans le pays « parce que c’est au prix de la démocratie qu’on va vers un véritable développement », a-t-il dit. Madagascar est de retour dans le concert de Nations, et assume son rôle, à l’instar du COMESA et de la Francophonie.

S’agissant du climat des affaires, il s’est amélioré substantiellement, grâce notamment à la réalisation d’une vingtaine de réformes, rien qu’au cours de l’année 2016. En corollaire, des rencontres économiques ont été organisées dans plusieurs pays, pour présenter les potentialités et les opportunités d’affaires à Madagascar. Pour ce qui est des perspectives avec l’Italie, le Président Rajaonarimampianina a évoqué tout d’abord le tourisme, avec Nosy Be comme point central, mais « les relations entre deux pays ne sont pas figées », a-t-il poursuivi. Il a ainsi parlé de la Loi sur le Partenariat Public et Privé ainsi que la nouvelle Loi sur les Zones Economiques Spéciales, pour offrir davantage d’autres opportunités aux investisseurs. Il a, par la suite, procédé à une revue succincte des secteurs. 

Un survol des secteurs

Agriculture et agrobusiness. Le Président a cité le projet Tozzi Green, dans la Région Ihorombe, qui a procédé à la mise en valeur de terres longtemps laissées à l’abandon, et ce en partenariat avec les paysans locaux. Toutefois, la productivité en matière d’agriculture et d’élevage n’arrive pas à répondre aux besoins nationaux, ainsi qu’aux demandes sur les marchés régionaux et internationaux qui sont pourtant énormes. Il en est de même pour la pêche, dans la vaste zone économique exclusive de Madagascar de plus de 1 million de km² et sur son plateau continental.

Tourisme. Le secteur est à son début, mais les opportunités sont importantes. En 2015 et 2016, 20% des touristes venus à Madagascar étaient des italiens. Le secteur a connu une croissance de 25%.

Energie. Le principe est d’exploiter les ressources, et à développer le pays dans le respect de l’environnement. Madagascar est dans une phase de transition énergétique, notamment pour une réelle valorisation des sources d’énergie renouvelables, pour donner un nouvel élan au développement social et économique. Sur ce point, la loi sur les PPP donne des avantages très importants pour tous.

Textile et habillement. Le secteur est en pleine croissance. Les exportations ont doublé par rapport à 2015. Les grandes marques internationales s’approvisionnent à Madagascar. Ces dix-huit derniers mois, 10 nouvelles entreprises textiles étrangères se sont implantées. Par ailleurs, un projet de ZES dénommée « Textile City », dédiée au textile et à l’habillement, est en cours de mise en place.

Technologies de l’information et de la communication. Le développement de ce secteur est palpable. Télé-performance, un des géants des call-center, s’est installé dans le pays, début 2016. D’autres compagnies internationales ont aussi décidé de faire confiance aux téléopérateurs malgaches.

Mines. Le sous-sol malgache est réputé pour ses minéraux industriels et métalliques. La Grande Île dispose d’une gamme importante de produits industriels, de pierres précieuses et semi-précieuses. Les ressources sont également importantes en pétrole, et le groupe italien ENI est présent à Madagascar, au même titre que la British Petroleum.