Communiqué de presse conjoint Dialogue politique Madagascar-Union Européenne, à Antsiranana


Une réunion de dialogue politique entre Madagascar et l’Union européenne a eu lieu à Antsiranana le 27 avril 2017. Le Président de la République, Hery Rajaonarimampianina, a présidé la réunion, accompagné de son Premier Ministre, d’une partie du gouvernement et des autorités locales. L’Union européenne était representée par les Ambassadeurs de l’Union europeenne, de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni et d’Espagne.

Depuis mars 2016, le dialogue politique se tient alternativement à Antananarivo et dans une région clef pour la coopération UE-Madagascar, pour souligner l’importance que les deux parties prêtent aux regions et à la décentralisation, un élément fondamental pour le développement du pays.

Les échanges ont porté sur la situation politique actuelle, l’importance de l’égalité du genre pour le développement, la situation économique, le climat des affaires et l’Accord de Partenariat Economique, la coopération UE-Madagascar à la lumière des Objectifs de Developpement Durable de l’Agenda 2030 et du nouveau Consensus europeen sur le Développement, ainsi que sur le rôle de Madagascar dans le contexte régional et international.

Concernant la situation politique actuelle, les deux parties ont souligné leur engagement pour la lutte contre la corruption et le renforcement des institutions, dont le BIANCO et le SAMIFIN, reconnaissant leur rôle central. Elles ont souligné l’importance de la lutte contre l’insécurité et l’indépendance de la Justice en vue de renforcer la confiance dans l’appareil d’Etat. L’UE a confirmé sa volonté d’accompagner Madagascar dans la préparation des prochaines élections présidentielles que les deux parties veulent inclusives, transparentes et crédibles.

Le dialogue a mis en relief l’importance de l’égalité entre les femmes et les hommes pour le développement du pays et le travail qui reste à faire tant au niveau légal que dans les habitudes, pour arriver à plus d’équité, par exemple dans l’accès aux resources productives, aux crédits financiers, et dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Concernant le climat des affaires, l’UE a souligné que le dialogue public-privé est essentiel aux investissements. Les avantages de l’Accord de Partenariat Economique pour le développement de Madagascar a été également discuté. Un forum économique, organisé en parallèle au dialogue politique a réuni une centaine de représentants du secteur privé de la région de DIANA et permis de temoigner du dynamisme du secteur privé, moteur de la croissance économique. L’ambassadeur de l’UE et le Président de la République ont clôturé ce forum confirmant leur soutien pour le secteur privé.

Des clarifications ont été apportées sur de nombreux dossiers de la coopération UE-Madagascar, qui ont permis de souligner les avancées qui dependent d’engagements mutuels.

L’UE a felicité Madagascar pour le lancement d’une vaste reflection sur la diplomatie malgache, indispensable aux relations internationales et au développement. Les deux côtés ont réitéré leur soutien aux organisations régionales, telle que la COI, et souligné i’importance de la securité maritime. L’UE reste pleinement engagée dans la lutte contre la piraterie et la criminalité organisée dans l’Océan Indien.

Après la réunion, quatre (4) conventions de financement entre Madagascar et l’UE, pour un montant total de 122 millions d’euros de dons (415 milliards d’Ariary), ont été signées par le Ministre des Finances et du Budget, Gervais Rakotoarimanana, également Ordonnateur National du Fonds Européen de Développement (FED), et par l’Ambassadeur de l’Union européenne à Madagascar, Antonio Sánchez-Benedito. Il s’agit des conventions suivantes :

  • 40 000 000 d’Euros pour un Programme de Renforcement Institutionnel vers le Développement de la Résilience Agricole (RINDRA)
  • 50 000 000 d’Euros pour un programme d’Appui au Financement de l’Agriculture et aux Filières Inclusives dans le Nord de Madagascar (AFAFI-Nord)
  • 30 000 000 d’Euros pour un programme d’Appui Budgétaire, SBC II
  • 2 000 000 d’Euros pour une facilité de coopération technique

Ces conventions de financement s’inscrivent dans les axes prioritaires du Plan National de Développement (PND) et du Programme Indicatif National, PIN 11ème FED, qui placent le développement rural et la bonne gestion des finances publiques parmi les interventions prioritaires, afin d’améliorer les conditions de vie de la population, y compris l’accès aux services de base, et pour soutenir la croissance économique du pays.

Le Programme RINDRA assurera l’opérationnalisation des institutions publiques et parapubliques du secteur Agriculture – Elevage – Pêche – Environnement (AEPE) au niveau des institutions nationales, ainsi que l’amélioration de l’accès au financement du Fonds de Développement Agricole (FDA)/Fonds Régionaux de Développement Agricole (FRDA), pour les producteurs du secteur AEPE.

Le Programme AFAFI-Nord contribuera à la promotion d’un secteur agricole durable, inclusif et performant dans trois régions ciblées du Nord de Madagascar (DIANA, SAVA, ANALANJIROFO). AFAFI ciblera l’amélioration de la gouvernance du secteur agricole, l’augmentation des revenus des ménages par le renforcement de chaînes de valeur agricoles, et l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages ruraux, qui sont des enjeux majeur en termes de réduction de la pauvreté. Les deux programmes auront une durée de mise en œuvre opérationnelle de six ans.

L’Appui Budgétaire, SBC II, cible l’amélioration de la gestion des finances publiques et la tranparence budgetaire, pour une meilleure delivrance des services de base aux populations. Cet appui budgetaire est prévu pour 2017 et 2018.

La signature de ces conventions de financement renforce la coopération entre Madagascar et l’Union européenne, et illustre la volonté de l’UE d’accompagner le développement socio-économique et démocratique du pays au bénéfice de la population malgache.

Une visite du Président de la République et des ambassadeurs européens au port, à l’usine pêche froide de l’Océan Indien et a la direction regionale de la pêche a conclu ce dialogue politique.