Communiqué conjoint : Dialogue politique Madagascar-Union Européenne


Tolagnaro, le 17 mars 2016

La troisième session du dialogue politique entre Madagascar et l’Union Européenne s’est tenue à Tolagnaro ce 17 mars. Le choix de Tolagnaro n’est pas fortuit car c’est l’un des trois pôles de croissance du pays. Aujourd’hui, il est démontré à Tolagnaro que les actions de développement intégré peuvent faire tache d’huile, et servir de catalyseur dans la ville elle-même et au niveau de toute la région.

Le 3ème dialogue Madagascar-Union Européenne a été co-présidé par le Président Hery Rajaonarimampianina, et l’ambassadeur de l’Union Européenne, Antonio Sanchez-Benedito Gaspar. De nombreux membres du Gouvernement ont participé à ce dialogue, le Premier ministre, Chef du gouvernement, le Ministre d’Etat chargé des projets présidentiels, de l’aménagement du territoire et de l’équipement, la Ministre des Affaires étrangères, le Ministre des finances et du budget, la Ministre de la Justice, le Ministre des travaux publics, la Ministre de l’enseignement supérieur, le Ministre de l’industrie et du développement du secteur privé, le Ministre de l’éducation nationale, le Ministre des transports, du tourisme et de la météorologie, et le Secrétaire d’Etat chargé de la gendarmerie nationale, ainsi que les Ambassadeurs d’Allemagne, de France, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de Belgique et le premier conseiller de l’ambassadeur de Pologne ont participé à ce dialogue. Des sénateurs, des chefs de régions et des proches collaborateurs du Président de la République ont également participé au dialogue politique.

En ouvrant les travaux, le Président malagasy a souligné que le dialogue politique est maintenant un exercice bien rôdé, auquel les deux parties accordent toujours beaucoup d’attention et d’énergie pour que les échanges puissent aboutir à des recommandations et à des propositions concrètes et efficaces en vue de leur mise en œuvre au bénéfice du peuple malagasy. Le PIN signé par le Président de la République, Hery Rajaonarimampianina, et le Commissaire Européen pour la coopération internationale et le développement, en novembre 2015, a circonscrit des secteurs de concentration  bien définis. Le plus grand défi, pour les deux parties, réside dans la mise en œuvre. Dans ce sens, l’UE a apporté son appui à la restructuration de l’Ordonnateur National qui est un dispositif clé, car c’est l’interface indispensable entre l’UE et les départements ministériels ainsi que les autres acteurs. Le Président Rajaonarimampianina de souligner alors que la capacité d’absorption des financements et aides reçus par Madagascar dépend de l’efficacité de l’ON.

Outre le 11ème FED, le Chef de l’Etat a exprimé le souhait que Madagascar puisse bénéficier aussi d’autres financements provenant d’autres instruments thématiques issus des lignes budgétaires de l’UE. Concernant l’Accord de Partenariat Economique, Madagascar poursuit la mise en œuvre des réformes pour bénéficier pleinement des opportunités offertes, en dépit des pertes engendrées en termes de recettes douanières. Sur le plan politique ensuite, le Chef de l’Etat malagasy a déclaré que les deux institutions du pouvoir législatifs sont maintenant à même de remplir leur mission et que cela conduira à une meilleure stabilité institutionnelle, ce qui est fondamental pour renforcer l’action de développement.

L’ambassadeur de l’Union Européenne, Antonio Sanchez-Benedito Gaspar a relevé pour sa part que la tenue du dialogue à Taolagnaro traduit l’importance accordée au Grand Sud, exposé à la vulnérabilité, à une fragilité chronique à cause de différents phénomènes tels que l’insécurité alimentaire, le problème d’énergie, ou encore la malnutrition infantile. L’UE apporte son aide, mais tient, au-delà des interventions d’urgence, à la recherche et à la mise en œuvre de solutions pérennes. L’ambassadeur Sanchez-Benedito Gaspar a réitéré la volonté de l’UE à renforcer la coopération avec Madagascar, pour davantage d’efficacité, de manière plus participative et plus inclusive. S’agissant de l’accord de partenariat économique (APE), l’UE a salué l’engagement exemplaire de Madagascar. Le défi, a-t-il dit, est de maximiser l’importance de cet engament en tant que levier du développement de l’industrie et du secteur privé malagasy.

Au cours du dialogue, les deux parties ont procédé à des discussions approfondies sur la situation politique, la consolidation de l’Etat de droit et la situation des droits de l’homme, la sécurité des biens et des personnes ; la décentralisation effective; les négociations avec le FMI et la préparation à la Conférence des Bailleurs et des Investisseurs à Paris; les efforts pour améliorer le climat des affaires, la lutte contre la corruption; la coopération UE-Madagascar dans le contexte du Programme Indicatif National du 11ème FED  et de l’Accord de Partenariat Economique ; la politique étrangère de Madagascar et le bilan de la Présidence malagasy de la COI.