56ème année d’indépendance, Madagascar se relève : Défis nationaux et responsabilités internationales


Après avoir présidé le grand défilé au Stade de Mahamasina, marquant aussi en ce 26 juin, le 56è anniversaire des Forces Armées Malagasy, le Président de la République, Hery Rajaonarimampianina, a adressé un message à la Nation devant les invités au traditionnel banquet de la fête nationale, dont voici l’essentiel.

La célébration du 56ème anniversaire de l’indépendance, est un hommage à tous nos aînés qui ont porté haut le flambeau du patriotisme et pour le sacrifice qu’ils ont consenti afin que Madagascar recouvre sa souveraineté. La fête de l’indépendance est ainsi un hommage à l’Histoire, mais également un moment où nous devons, ensemble, réfléchir sur nous-mêmes et nous situer par rapport à la marche du pays.

S’inscrivant dans l’esprit de son message à la Nation, le 25 juin, à la veille de la célébration de la Fête de l’Indépendance, le Président de la République a étayé les acquis significatifs du processus de redressement et la vision de développement mis en œuvre. Mais il a aussi évoqué l’acte odieux perpétré tout récemment par les dahalo à Beroroha, ayant provoqué la mort de 31 personnes, dont des enfants. Nous sommes dans un processus de renforcement de l’Etat de droit et nous n’allons pas agir aveuglément mais, tôt ou tard, ceux qui ont perpétré ce crime ne resteront pas impunis et connaîtront la rigueur de la Loi. a-t-il souligné.

56ème année d’indépendance de MadagascarDevant les invités au palais d’Iavoloha, ce 26 juin, le Président de la République a tenu à expliciter l’avancée décisive enregistrée au cours du premier semestre. Il ne s’agissait point d’énumérer, et encore moins de verser dans l’autosatisfaction, a fait remarquer le Président Hery Rajaonarimampianina, mais plutôt de parler de la réalité de la relance, des difficultés surmontées, pour imprimer désormais la vitesse souhaitable.

L’accord de principe intervenu tout récemment avec le Fond Monétaire International est très significatif à cet égard puisque le Programme économique de Madagascar bénéficie de la FEC, Facilité Elargie de Crédit. Cela ne s’est pas fait sans mal, a concédé le Chef de l’Etat, mais les efforts réalisés pour améliorer la gouvernance financière ont porté leurs fruits. Il va de soi que les améliorations iront crescendo, non seulement pour respecter la teneur des accords, mais également pour l’intérêt du pays car la remise aux normes de la gestion des finances publiques permettra à l’Etat de mieux faire face à ses obligations. Il n’en reste pas moins que la validation du FEC par le Conseil d’Administration du FMI sera, en quelque sorte, le sésame pour l’ouverture des portes à divers financements institutionnels et privés.

Par rapport à de telles avancées, le Président de la République a fustigé les velléités de déstabilisation, orchestrées par les nostalgiques du passé, de l’appel au coup d’Etat. Face aux menées visant à

l’instauration du chaos, a-t-il dit, le peuple opposera sa maturité. En effet, en 56 années d’Indépendance,
Madagascar a connu 13 Chefs d’Etat dont 6 seulement sont arrivés au pouvoir grâce au suffrage universel. Les autres, la majorité, ont dirigé des périodes transitoires, souvent précédées de violence, pendant lesquelles le PIB national s’est écroulé de manière dramatique. Madagascar n’a vécu que très peu d’alternances paisibles. Chaque fin de transition accumule les pesanteurs économiques, sociales, culturelles et politiques du passé lointain ou proche. Chaque pouvoir légal qui reprend les rênes du pays après une crise hérite de cette accumulation des pesanteurs.

Ce qui a été conçu et réalisé pendant des années peut être anéanti en peu de temps, tant et si bien que la reprise et le redressement constituent un chemin ardu. Le cas de la compagnie Air Madagascar est un autre cas éloquent à ce sujet. Notre compagnie aérienne nationale est enfin sortie de l’Annexe B de l’UE après cinq années d’interdiction du ciel européen. Plus de 500 défaillances en termes de respect des normes ont été décelées, les mises en garde ont été émises par l’UE dès 2008, bien avant l’inscription d’Air Madagascar dans l’Annexe B en 2011, et la fin de cette interdiction constitue un élément très positif dans le cadre du processus de redressement de la compagnie.

26 Juin 2016 : 56ème année d’indépendance de Madagascar

26 Juin 2016 : 56ème année d’indépendance de Madagascar

Plus que jamais, Madagascar avance dans une démarche structurante. A cet égard, le Président de la République a développé ce qui vient d’être réalisé dans la Région Atsimo Andrefana, dans la province de Toliara avec la BAD. Le plus grand barrage hydro-agricole de Madagascar a été inauguré en 2015. Non seulement c’est le plus grand mais c’est aussi le plus moderne en matière de régulation et de distribution de l’eau pour les milliers d’hectares du Bas Mangoky. Des milliers de riziculteurs, propriétaires de leurs rizières, ont été formés aux techniques rizicoles et sur le micro-crédit. La RN 9 qui traverse cette région fertile est en pleine rénovation, et où le pont de Befandriana Sud, long de 234 m, a mis fin à l’isolement de toute la partie Nord de l’Atsimo Andrefana durant la longue saison des pluies. Autre détail relevé par le Chef de l’Etat, et qui a toute son importance : la bonne gestion du financement du barrage de Bevoay qui a permis d’économiser de quoi bâtir une école disposant de l’électricité grâce à l’énergie solaire. Dans l’Atsimo Andrefana toujours, mais en faveur des pêcheurs, des infrastructures ont été construites, notamment une quinzaine de débarcadères et des chambres froides. Le Président Rajaonarimampianina d’inviter alors les observateurs et les analystes économiques à suivre ce que cet ensemble structuré et structurant crée comme mieux-être aux habitants de l’Atsimo Andrefana. Il s’agit là d’un exemple de coopération efficiente, parce que animée par une volonté partagée d’aller vite et de voir loin en même temps, ensemble. D’autre part, pour les régions trop fortement éprouvées comme l’Androy, des dispositions spéciales vont être déployées très prochainement.

Parallèlement à ses défis nationaux, Madagascar est prêt à assumer ses responsabilités internationales. Par rapport à la globalité, le Président Hery Rajaonarimampianina a relevé qu’aucun pays, si grand soit-il, n’est plus en mesure d’imposer sa seule vision des choses ni en donner des leçons. Tout pays, si petit soit-il, a besoin et le droit d’être écouté. De par cette vision, Madagascar partage plus que jamais l’objectif de tirer ensemble le meilleur de l’expérience des autres pour le profit de tous. Ainsi, à partir des prochaines semaines, la Grande Île entame l’accueil d’une série de rencontres internationales, dont celle de l’APF, puis le Sommet du COMESA, en octobre, et celui de la Francophonie en novembre. Si besoin était, ces rencontres tournent définitivement la page des années où Madagascar s’est trouvé au ban de la communauté internationale. A travers ces rencontres, a notamment déclaré le Chef de l’Etat malagasy, c’est de l’expérience et de la vision de plus d’une centaine de pays du monde que nous allons pouvoir tirer enseignement. Mais nous aurons aussi l’opportunité d’exposer nos points de vue, a-t-il conclu.